{"id":1969,"date":"2024-07-05T16:00:40","date_gmt":"2024-07-05T14:00:40","guid":{"rendered":"https:\/\/martylegal.com\/droit-commercial-maritime-et-des-transports-saisie-de-navire-yacht\/"},"modified":"2024-07-05T16:00:40","modified_gmt":"2024-07-05T16:00:40","slug":"droit-commercial-maritime-et-des-transports-saisie-de-navire-yacht","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/martylegal.com\/fr\/droit-commercial-maritime-et-des-transports-saisie-de-navire-yacht\/","title":{"rendered":"Droit commercial, maritime et des transports &#8211; saisie de navire \/ yacht"},"content":{"rendered":"<h2>Convention de Bruxelles du 10 mai 1952<\/h2>\n<p>La Convention de Bruxelles du 10 mai 1952 pour l&rsquo;unification de certaines r\u00e8gles sur la saisie conservatoire des navires de mer permet la saisie d&rsquo;un navire \u00e0 titre conservatoire pour obtenir des garanties contre une cr\u00e9ance maritime li\u00e9e au navire. La Convention introduit une action contre le navire\u2014une action in rem\u2014fondamentale en droit anglo-saxon. Le droit fran\u00e7ais, cependant, ne permet pas l&rsquo;exercice d&rsquo;un droit contre un objet mais uniquement contre une personne (action in personam).  <\/p>\n<p>La Convention de Bruxelles est un compromis entre les syst\u00e8mes juridiques anglais et continentaux. Si l&rsquo;article 3-1 permet \u00e0 tout demandeur ayant une cr\u00e9ance maritime de saisir le navire concern\u00e9, l&rsquo;article 6(2) pr\u00e9voit que les r\u00e8gles de proc\u00e9dure pour la saisie sont r\u00e9gies par la loi de l&rsquo;\u00c9tat contractant dans lequel la saisie a \u00e9t\u00e9 pratiqu\u00e9e. Le droit fran\u00e7ais, par exemple, ne permet pas aux cr\u00e9anciers de saisir des biens qui n&rsquo;appartiennent pas au d\u00e9biteur.  <\/p>\n<p>Les articles 7-1 et 7-4 de la Convention exigent que la partie saisissante introduise une demande sur le fond dans un d\u00e9lai fix\u00e9, tel que d\u00e9termin\u00e9 par la loi locale. \u00c0 d\u00e9faut, le d\u00e9fendeur peut demander la mainlev\u00e9e de la saisie. <\/p>\n<h2>Conditions lib\u00e9rales pour la saisie de navires<\/h2>\n<p>La Convention favorise le d\u00e9tenteur d&rsquo;une cr\u00e9ance maritime. Une simple all\u00e9gation de cr\u00e9ance maritime suffit pour obtenir une ordonnance de saisie de navire. Cependant, apr\u00e8s avoir saisi le navire, le demandeur doit poursuivre une affaire sur le fond devant un tribunal comp\u00e9tent selon la lex fori (loi du for). La Convention ne pr\u00e9cise pas quels arguments juridiques la partie saisissante doit pr\u00e9senter au tribunal ou si elle doit demander la confirmation de la saisie ou un titre ex\u00e9cutoire in personam contre un d\u00e9biteur.   <\/p>\n<h2>Difficult\u00e9s avec les actions in rem et in personam<\/h2>\n<p>Des probl\u00e8mes surviennent lorsque le d\u00e9biteur n&rsquo;est pas le propri\u00e9taire du navire. Le droit fran\u00e7ais, notamment l&rsquo;article 215(1) du d\u00e9cret n\u00b0 92-755 du 31 mars 1992, exige que les proc\u00e9dures pour un titre ex\u00e9cutoire soient engag\u00e9es dans les deux mois suivant la saisie. Cela refl\u00e8te l&rsquo;approche fran\u00e7aise in personam, qui contraste avec l&rsquo;approche in rem de la Convention. Ces diff\u00e9rences m\u00e8nent \u00e0 des litiges juridiques complexes, particuli\u00e8rement dans les sc\u00e9narios impliquant des affr\u00e8tements, sous-affr\u00e8tements ou ventes de navires.   <\/p>\n<h2>Cas illustratif : la flotte RENAISSANCE CRUISES<\/h2>\n<p>L&rsquo;affaire impliquant des navires de la flotte RENAISSANCE CRUISES met en \u00e9vidence ce conflit. Apr\u00e8s la faillite de l&rsquo;entreprise suite aux attentats du 11 septembre 2001, des cr\u00e9anciers ont tent\u00e9 de saisir des navires \u00e0 Marseille en vertu de la Convention de 1952. Ces navires avaient \u00e9t\u00e9 vendus lors de ventes aux ench\u00e8res judiciaires \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. Les tribunaux fran\u00e7ais ont d\u00fb d\u00e9terminer si les saisies pour des cr\u00e9ances ant\u00e9rieures \u00e0 la vente \u00e9taient valides. Ce litige en cours implique plusieurs niveaux de juridiction et refl\u00e8te les difficult\u00e9s de concilier la Convention avec le droit fran\u00e7ais.    <\/p>\n<h2>Port\u00e9e de l&rsquo;\u00e9tude<\/h2>\n<p>Cette \u00e9tude vise \u00e0 explorer les conflits entre le concept anglo-saxon de l&rsquo;action in rem et l&rsquo;action continentale in personam. L&rsquo;analyse est fond\u00e9e sur les conventions, la l\u00e9gislation, la jurisprudence et les perspectives doctrinales. <\/p>\n<h2>Premier titre : saisie de navire \u2013 pr\u00e9dominance de l&rsquo;action in rem<\/h2>\n<h3>Chapitre I : la saisie \u00e0 titre conservatoire<\/h3>\n<p>Selon la Convention de 1952, une personne ayant une cr\u00e9ance maritime peut saisir le navire concern\u00e9. Cependant, le cr\u00e9ancier doit ensuite engager une proc\u00e9dure sur le fond conform\u00e9ment \u00e0 la proc\u00e9dure locale pour convertir le titre conservatoire en cr\u00e9ance ex\u00e9cutoire contre un d\u00e9biteur. <\/p>\n<h3>Section I : conditions relatives \u00e0 la cr\u00e9ance<\/h3>\n<p>Le droit fran\u00e7ais sur la saisie de navires est de nature duale, combinant la Convention de 1952 et les lois nationales (Loi n\u00b0 67-5 et D\u00e9cret n\u00b0 67-967). En vertu de l&rsquo;article 2 de la Convention, la saisie est autoris\u00e9e pour toute cr\u00e9ance maritime. Une simple all\u00e9gation suffit ; les tribunaux fran\u00e7ais ne peuvent pas exiger du cr\u00e9ancier qu&rsquo;il prouve une cr\u00e9ance s\u00e9rieuse et certaine au stade de la saisie.  <\/p>\n<h4>\u00a71. All\u00e9gation de cr\u00e9ance maritime <\/h4>\n<p>La norme lib\u00e9rale de simple all\u00e9gation assure rapidit\u00e9 et efficacit\u00e9 dans les proc\u00e9dures de saisie maritime. Les tribunaux ont confirm\u00e9 \u00e0 maintes reprises qu&rsquo;aucune preuve de certitude de la dette n&rsquo;est n\u00e9cessaire \u00e0 ce stade. <\/p>\n<h4>\u00a72. Liste restrictive des cr\u00e9ances maritimes <\/h4>\n<p>L&rsquo;article 1 de la Convention \u00e9num\u00e8re les cr\u00e9ances maritimes acceptables, notamment les dommages, les l\u00e9sions corporelles, le sauvetage, les litiges relatifs aux chartes-parties, les pertes de cargaison, le pilotage, les fournitures, les salaires, les hypoth\u00e8ques et les litiges de propri\u00e9t\u00e9. Les cr\u00e9ances sans rapport avec l&rsquo;exploitation du navire, comme les remboursements de pr\u00eats ou les litiges de vente de navires, sont g\u00e9n\u00e9ralement exclus sauf s&rsquo;ils sont directement li\u00e9s aux causes \u00e9num\u00e9r\u00e9es. <\/p>\n<h3>Section II : conditions relatives au navire et \u00e0 son propri\u00e9taire<\/h3>\n<p>L&rsquo;article 3-1 permet la saisie du navire directement li\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ance maritime. L&rsquo;article 3 permet \u00e9galement la saisie d&rsquo;autres navires appartenant au m\u00eame d\u00e9biteur au moment o\u00f9 la cr\u00e9ance est n\u00e9e. Cela cr\u00e9e un hybride des principes in rem et in personam.  <\/p>\n<p>Les soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 navire unique (SSCs) sont souvent utilis\u00e9es pour \u00e9viter l&rsquo;exposition de plusieurs navires \u00e0 la saisie. Les tribunaux exigent des preuves solides\u2014comme un manque d&rsquo;ind\u00e9pendance ou des actifs partag\u00e9s\u2014pour percer le voile social et autoriser la saisie crois\u00e9e entre soci\u00e9t\u00e9s. <\/p>\n<h3>Section III : r\u00e8gles de proc\u00e9dure de saisie en France<\/h3>\n<p>L&rsquo;article 4 de la Convention pr\u00e9cise que seuls les tribunaux comp\u00e9tents peuvent autoriser les saisies. L&rsquo;article 6(2) ajoute que les lois locales r\u00e9gissent les proc\u00e9dures. En France, en vertu de l&rsquo;article 29 du D\u00e9cret du 27 octobre 1967, la saisie est autoris\u00e9e par une ordonnance rendue sur requ\u00eate par le Pr\u00e9sident du Tribunal de Commerce ou un juge de premi\u00e8re instance.  <\/p>\n<p>La demande doit \u00eatre motiv\u00e9e et solliciter l&rsquo;application de la seule Convention de 1952\u2014pas la loi fran\u00e7aise sur les saisies. Le juge doit pr\u00e9ciser le montant de la saisie et le d\u00e9lai pour engager une proc\u00e9dure sur le fond. La saisie est ex\u00e9cut\u00e9e par un officier de justice o\u00f9 le navire est amarr\u00e9, et aucune publication n&rsquo;est requise sauf s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une saisie-ex\u00e9cution.  <\/p>\n<h3>Effets juridiques et financiers<\/h3>\n<p>La saisie ne transf\u00e8re pas la propri\u00e9t\u00e9 mais emp\u00eache le d\u00e9part. Le propri\u00e9taire reste responsable des frais d&rsquo;entretien du navire. Les tribunaux ont jug\u00e9 que les dommages dus au manque d&rsquo;entretien pendant la saisie ne sont pas imputables \u00e0 la saisie, sauf preuve clairement \u00e9tablie. Les autorit\u00e9s portuaires sont inform\u00e9es pour refuser l&rsquo;autorisation de d\u00e9part. Des d\u00e9parts temporaires peuvent \u00eatre autoris\u00e9s si une garantie suffisante est constitu\u00e9e.    <\/p>\n<p>Une fois la saisie effectu\u00e9e, les cr\u00e9anciers doivent remplir toutes les obligations proc\u00e9durales pour maintenir sa validit\u00e9. Les recours contre le refus de saisie doivent \u00eatre form\u00e9s dans les 15 jours. Si elle est accord\u00e9e, les parties concern\u00e9es peuvent contester l&rsquo;ordonnance. Le juge qui a autoris\u00e9 la saisie reste comp\u00e9tent pour la lever.   <\/p>\n<p><em>Fin du contenu complet de HTML. 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